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Mieux vaut des remords que des regrets

Mieux vaut des remords que des regrets

Ce soir il m’est arrivé quelque chose de surnaturel et d’inexplicable qui dépasse les lois naturelles. Un truc qui est déjà arrivé à n’importe qui. Une chose qui m’a plongé dans la quatrième dimension pour la fin de la soirée et qui me confirme que mieux vaut des remords que des regrets. Voici l’histoire dans l’ordre chronologique, dont chaque détails a son importance.

Mieux vaut des remords que des regrets

Ça a commencé à la sortie d’un boui-boui dans le quartier de Wedding à Berlin où se situe l’appart dans le quel je suis. Il est très exactement 19h02, et je rentre à pied avec mon amie Allemande. A ce moment précis, je croise un avion de chasse. Une beauté brune qui est la parfaite copie d’une amie de fac sur laquelle j’avais de sérieuses vues. C’était son sosie craché. En me retournant sur sa chute de rein (Non ! Je ne m’excuserais pas d’être un mec !) je me dis dans ma tête « Adieu magnifique petit sosie allemand, on ne vivra pas de chose ensemble« . Je continue mon chemin, reprenant ainsi mes esprits et le cours de ma vie.

21h, je raccompagne mon amie à la gare Hauptbahnhof. Son train parti, je ressors avec le sentiment qu’il va m’arriver un truc sympa ce soir. Lumix au poing, je prends quelques photos de nuit des rues Berlinoise. Et là, entre deux prises photo, je tombe sur un couple que j’avais déjà croisé dans la matinée et dont la nana me faisait penser à Shakira. On se reconnait sans se parler, puis chacun part de son côté, me dirigeant vers le métro pour changer de quartier pour Alexanderplatz. Je monte dans le métro, je m’assieds sur un siège de trois où un mec bourré vient juste d’en changer, laissant la place à un couple d’espagnol. Tout d’un coup ces derniers s’exclament  en parlant aux personnes en face d’eux : « on se retrouve encore ! » Apparemment, ils s’étaient déjà rencontrés dans les rues de Berlin plus tôt dans la matinée.

J’ai ouvert un vortex inter-dimensionnel ou quoi ? Au moment où j’assiste à cette scène, j’étais justement en train de repenser à shakira, en me demandant comment il était possible de retomber sur une personne dans une ville aussi immense que Berlin (8,5 fois la superficie de Paris). Sachant qu’il m’était déjà arrivé la même chose à Tokyo.

22h40, je décide de quitter Alexanderplatz en me tâtant de rentrer un bout de chemin à pied, et reprendre le métro un peu plus loin. Finalement la raison me rattrape et je choisis le métro. Il faut que je m’économise, je quitte l’Allemagne demain et j’ai 6 heures de route à faire. J’ai encore un dernier changement au métro Friedrichstrasse avant de rentrer. Seulement, une fois là-bas je ne trouve pas la ligne que je dois prendre. Je me dirige je ne sais pas où (mais j’y vais) en suivant mon instinct et mon sens de l’orientation de coyote.

Et je retrouve finalement mon chemin. La ligne que je dois prendre se trouve à l’extérieur de la gare (détail important, ça vient !) Des travaux séparent deux stations de cette même ligne, une direction se trouve là où je suis, et l’autre 500 mètres de marche plus loin, et forcément c’était celle là la mienne. 10 min de marche plus loin,  j’arrive au métro, je m’assieds dans le train, et là je me dis : « Heu je vais quand même vérifier si c’est bien le bon !« . Et là, comme le gros cake endormi que je suis, je me rends compte que je me suis gouré de sens et que tout à l’heure j’étais finalement à la bonne station. Donc je retourne sur mes pas.

Je marche encore, j’arrive bientôt au métro… Et là à ce moment précis, en plein coeur de Berlin, je retrouve cette petite nana que j’avais croisé à 19h02. J’ai d’abord pensé faire erreur, puis le temps de me remettre de ma surprise et de réaliser que c’était bien elle, elle était déjà un peu loin. En tant normal je serais allé directement lui parler. C’est tout de même la deuxième fois que je la vois ! C’était juste improbable de la recroiser dans cette ville surtout 4h30 après. J’ai hésité à le faire sans m’attendre à quoi que ce soit, même un : « Hey salut ! On s’est vu tout à l’heure, je trouvais ça fun et je voulais te parler ! » aurait fait l’affaire. Dans le pire des cas je me serais pris un vent et c’est pas ça qui me fait peur, vu celui que je me suis déjà pris au Japon. Mais là, je me suis mis à me trouver des excuses, alors que ma raison de lui parler était correct. Mais je me suis dit : « nan mais je suis fatigué, faut que je rentre ! » Damn !

mieux vaut des remords que des regrets

mieux vaut des remords que des regrets

Dans le métro du retour, je me suis mis à réfléchir. Je me suis demandé si tout ça n’avait pas été un signe. Et si le but de ma soirée à errer en prenant des photos, à tomber sur le couple de ce matin, à m’asseoir à tel endroit pour entendre cette conversation sur ces inconnus qu’on croise plusieurs fois, à me perdre dans la gare et à me tromper de direction, était de me préparer à cette rencontre. Peut-être, peut-être pas. Tout le timing y a été préparé en tout cas. En plus cet après-midi je me disais « Tiens et s’il m’arrivait de faire comme mon cousin et de revenir avec une Allemande ?! Après tout, je me suis toujours super bien entendu avec eux, ils sont rock’n’roll, j’ai baigné dans leur culture étant ado, et comme Kennedy, je me sens « Berliner !« 

La confirmation que mieux vaut des remords que des regrets

Il m’est ensuite arrivé la pire chose. J’ai été pris de regrets et d’une étrange sensation qu’elle avait au passage pris une partie de moi-même, car au final je ne saurais jamais ce qu’il aurait pu se passer. Est-ce que la vie a essayé de me faire passer un message ou c’est la fatigue qui me fait travailler du chapeau ? Ça fait tout de même pas mal de coïncidences en 4 heures. J’ai mis du temps à décrypter le message, j’ai le cerveau pas très bien irrigué quand je suis KO. J’ai été bien naze sur le coup, car je me connais, je hais avoir des regrets. Même si il ne se serait rien passé, j’aurais quand même ouvert les possibilités des scénarios plutôt que de m’enfermer dans un seul et unique 100% prévisible, celui de mon lit (au final non puisque j’écris cet article, il est 2h18) Je ne sais pas ce qu’il m’a pris de ne pas avoir écouté mon coeur, mon intuition, mes émotions, alors qu’habituellement je saute sur les opportunités tel un bichon affamé. Dans le meilleur des cas, ça aurait été une anecdote qui aurait refermé (provisoirement) en beauté le chapitre de Berlin.

La morale de l’histoire de cette loi de l’attraction particulière, mis à part que la fatigue fait faire de mauvais choix, est que : peu importe où, peu importe quand, peu importe comment, dès que votre intuition vous donne une idée chargée d’émotions intellectuelles, qui vous pousse à agir, ne l’étouffez pas par des excuses. Les conséquences de l’inaction (peur, croyances infondées, excuses bidons, etc) amènent irrémédiablement à une forme d’échec et à de la frustration.

Au dicton « mieux vaut des remords que des regrets », je confirme sans hésitation. Car même sans déboucher sur quoi que ce soit, j’aurais vécu une anecdote sympa, car je ne crois pas à l’échec. Au mieux j’en aurais tiré une leçon, j’aurais de toute évidence assumé mon action. Mieux vaut savoir ce qu’on a perdu ou ce qu’on a eu, que de ne pas le savoir et vivre à jamais dans l’ignorance. Je vais passer une nuit bien moisie. Au moins cet échec m’aura servi de leçon pour le reste de mon séjour. Je referme donc le chapitre de Berlin sur une note amère de regret, mais au moins la chose positive est que j’y reviendrais très prochainement.

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